Lettre n°1.
" Il ne faisait plus tout à fait nuit quand je suis parti mais on pouvait encore voir la lune, la voir s'éteindre, s'effacer. J'avais un peu peur & il fallait faire vite sans oublier d'être discrète. Le bois des escaliers a fait ce bruit désagréable quand je suis descendu, tu sais, celui qui nous obligeais à marcher sur la pointe des pieds quand on allait regarder la télé à pas d'heure en faisant attention a ne réveille personne. Sauf que là j'avais pas le temps alors j'y ai pas pensé. Je savais pas trop comment m'y prendre, je me suis même demander si je devais déposer la clef dans la boite à lettres mais, finalement, je l'ai gardée, on sait jamais. Au début j'ai hésité, peut être à cause de la fumé qui sortait de ma bouche à chaque expiration, peut être aussi un peu à cause toi. Mais j'y suis quand même aller, sans même me retourner, sans penser non plus que j'allais sans doute pleurer. Oui, j'ai cessé de réfléchir et je me suis dépêcher de monter sur le vélo que tu partage avec maman. Je sais que vous y tenez et d'ailleurs, c'est pour ça ce c'est celui là que j'ai pris. Pour avoir un bout de vous avec moi & aussi pour que vous sachiez que je reviendrais un jour, au moins pour le rendre. & puis j'ai pédalé le plus vite possible. Je voulais dépasser le vieux pont, près de la piscine municipale, avant que le jour se lève, avant d'être tenté de faire demi-tour. J'ai pensé à un tas de choses, je me suis même imaginé être quelqu'un d'autre, un peu comme si j'avais été dans un film, comme si des caméras étaient braquées sur moi. Je me suis vraiment sentie légère, invincible. Tant que c'était ça, ça allait. Mais j'ai finis par me souvenir que tu dormais sans savoir que j'avais quitté la maison et je m'en suis voulu. Peut être que tu ne te souviens pas, de l'époque où tu refusais de dormir si je n'étais pas de retours à la maison, parce que tu n'aimais pas l'idée que je sois dehors alors que les étoiles seules étaient source de lumière. Je disais que j'étais en colère et c'était vrai mais je te trouvais surtout adorable, j'ai jamais pus t'en vouloir. Alors au fil des coups de pédale et des roues qui tournaient je me suis trouvé plutôt cruelle, je me suis dis que si je n'avais pas eu de c½ur cela aurait sans doute était pareil. Sauf que j'oublie, j'oublie que tu n'es plus si petite, que tu es capable de porter du rouge a lèvre écarlate sans avoir l'air d'une danseuse de mauvais cabaret et qu'il y'a longtemps que tu n'écoute plus la pop cinglante qui horripilait les voisin. Je pense toujours à toi comme à une enfant, parce que tu es ma précieuse petite s½ur, l'unique et qu'aucune erreur n'est pardonnable. Mais maintenant, il faudrait que je me fasse un peu moins de souci pour toi, il n y' a pas tellement de soucis à se faire, je crois. C'est aussi la raison pour laquelle j'ai tant rouler sans détacher mon regard de l'horizon, comme si chacune de mes cellules avait conscience de ce qui n'avait plus à être fait et ce qui n'attendrait plus jamais, j'avais conscience que rien de grave n'arriverait en allant de l'avant, au contraire. Quand j'ai ralentis la cadence la première fois j'étais sur la route 14, la route des départs en vacances mais surtout la route des départs tout court. Le soleil était déjà très haut, plus rien à faire froid dans le dos et pas le moindre signe de fatigue.Je travail au paroxysme de notre bonheur, petite s½ur. "